Quatre Etats ont voté tout au long du mois de janvier : Rick Santorum a gagné dans l'Iowa (un Etat attribué dans un premier temps à Mitt Romney), Newt Gingrich en Caroline du Sud et Mitt Romney dans le New Hampshire et surtout ce mardi en Floride. Trois candidats ont jeté l'éponge : Michele Bachmann, qui n'a pas donné de consigne de vote, Jon Huntsman, qui s'est rallié à Mitt Romney, et Rick Perry, désormais partisan de Newt Gingrich.
Même si cela n'est pas encore très significatif, Mitt Romney mène la course aux délégués -selon son résultat dans chaque Etat, chaque concurrent s'en voit attribuer un certain nombre- en vue de la convention qui désignera officiellement l'adversaire de Barack Obama fin août : il dispose pour l'instant de 86 délégués contre 27 à Newt Gingrich, la majorité étant fixée à 1.144 (voir notre infographie : "Primaires républicaines : les résultats")
Une bataille désormais limitée au duel Romney-Gingrich
Après sa victoire surprise dans l'Iowa, un Etat conservateur où ses idées trouvaient plus d'écho, Rick Santorum n'a pas confirmé, ce qui était d'ailleurs prévisible. Comme il est désormais à court d'argent, certains lui suggèrent d'abandonner pour se rallier à Newt Gingrich, l'autre représentant du camp conservateur. De son côté, n'ayant aucune chance de décrocher l'investiture, Ron Paul, le candidat "antisystème", peut simplement espérer troubler le jeu dans certains Etats. Plus que jamais après la primaire de Floride ce mardi, c'est donc un duel Romney-Gingrich qui va rythmer la suite de la bataille.
Romney grand favori
Favori "naturel" depuis le printemps dernier et républicain le mieux placé dans les sondages contre Barack Obama -il est même parfois donné gagnant en novembre prochain-, Mitt Romney, étiqueté "centriste", semble désormais le mieux placé pour décrocher l'investiture. Sa victoire en Floride le place même sur la voie royale en créant une dynamique positive puisque cet Etat est un peu un "patchwork" des Etats-Unis, avec beaucoup de retraités, une forte communauté hispanique, des victimes de la crise économique et des partisans du Tea Party. Ce succès floridien confirme notamment sa plus grande capacité à rassembler que Newt Gingrich puisqu'il séduit désormais justement les sympathisants du Tea Party, cette mouvance anti-impôts qui gravite à la droite du parti républicain. Newt Gingrich n'arrive pas quant à lui à mobiliser au-delà de la frange la plus conservatrice de la formation.
Mitt Romney dispose également d'un autre atout : sa fortune personnelle, estimée à 230 millions de dollars. Si les attaques contre sa richesse -une première aux Etats-Unis- lui ont probablement coûté la victoire en Caroline du Sud, il s'est rattrapé en Floride en dépensant 15 millions de dollars (!!) en spots télévisés contre Newt Gingrich, accusé notamment d'être lié à Freddie Mac, le géant du crédit immobilier à l'origine indirecte de la crise financière (voir notre vidéo : "Primaires républicaines : la guerre des spots de pub").
Sur ce terrain de l'argent, Newt Gingrich aura du mal à suivre la cadence de son rival, d'autant plus que les donateurs ont tendance à soutenir le candidat en tête. Mitt Romney devrait donc encore engranger beaucoup plus de dollars que son rival. Newt Gingrich affirme néanmoins son intention d'aller au bout du processus des primaires. "Le pouvoir du peuple va défaire le pouvoir de l'argent dans les six prochains mois", a-t-il lancé mardi soir.
Prochains scrutins dès samedi
Le calendrier de février est favorable à Mitt Romney. Ce samedi, le Nevada, Etat qu'il avait déjà gagné lors des primaires républicaines il y a quatre ans, lui est quasiment acquis. C'est aussi le cas du Maine, Etat libéral de la côte Est où ses thèses centristes devraient faire la différence et où le vote s'étalera sur une semaine.
Suivront ensuite le Colorado, le Minnesota, le Missouri (7 février) puis l'Arizona et le Michigan (28 février). Le 3 mars, l'Etat de Washington précédera de trois jours le "Super-Tuesday", jour où dix Etats voteront. S'il est toujours en course, Newt Gingrich y jouera ses dernières cartes dans les Etats conservateurs du centre et du Sud du pays.